La tendresse, un cri d'amour pour la Dame à la coccinelle

Aujourd'hui plus que jamais j'ai envie d'hurler.

Un grand cri d'amour pour tous nos grands-parents ou arrières-grands-parents qui sont dans des maisons de retraite.

Ma grand-mère, si douce, si tendre, si bienveillante, aura 100 ans en novembre le 23.

100 ans !

Née en 1920 , elle a traversé tant de vies, tant d 'épreuves comme tous ceux qui sont nés au siècle dernier. Ils ont fait aussi l'expériences des douleurs de la guerre, des décès prématurés, de la faim, de la peur, de l'angoisse de l'avenir.

Mais ce sont eux nos héros. Ils ont donné la vie à une nouvelle génération, nos parents, parce qu'ils croyaient en l'avenir, parce qu'ils avaient confiance. Ils leur ont offert éducation, sécurité, de la place pour travailler, et les générations ont suivi presque dans la paix. Malgré des vicissitudes, ils ont montré l'exemple de la résilience.

Je me rappelle de nous.

Les mercredis, je filais chez vous et nous allions au cinéma. Je me rappelle d'un film d'action. Tu avais préparé des sandwichs et nous croquions dedans uniquement lorsque la musique du film et la séquence étaient intenses et bruyantes. Il ne faut pas déranger, disais-tu . Maintenant, les spectateurs fouillent sans vergogne dans leur pot de pop-corn en faisant un bruit de raton laveur qui creuse dans son terrier !


C'est toi qui m'a appris à me tourner vers les autres, ne pas m'écouter et faire ce que je dois. Ton secret face à cette phrase qui semble un peu rude ? C'est de ne pas s'oublier ensuite.

Lors de déjeuners, pas seulement les dimanches, où autour d'une belle table tu découpais un délicieux poulet. Tu offrais les belles parties charnues du poulet. Tu ne gardais que le Sot l'y laisse !

Vous connaissez ? Ce mot en 4 parties qui, quand il est écrit, fait sourire.

Et oui, le Sot l'y laisse. A la barbe de tous, tu me l'offrais. Ni vu ni connu. Toi, tu prenais le cou... il faut de la patience pour manger ce cou et il était pour toi ! Ah cette patience. J'en ai hérité, je crois un peu .


Tu m'a appris l'attention et cette bienveillance à l'autre.

Parfois trop, peut être, parce qu'on peut glisser vers l'oubli de soi, mais ce n'est pas grave. Pas grave parce que tu m'a appris à donner et ensuite à recevoir. C'est tellement merveilleux quand on sait cela.


Et ta douceur !

Tu illumines chaque jour de ma vie depuis que je suis née. Tu as été là sans cesse, pour moi, pour tous tes enfants et petits-enfants, et même arrières-petits-enfants. Jamais tu n'oublies un anniversaire.

100 ans de cartes postales et de coups de téléphone pour lire et entendre ta voix ou se blottir dans tes bras.


Aujourd'hui, je suis bouleversée. Je ne peux plus te serrer dans mes bras, sentir ton parfum poudré, mettre mes lèvres sur ton cou délicat.

Toi qui a toujours été là pour moi, je ne peux pas te rendre cette affection.


Laissez-moi la prendre dans mes bras, laissez-moi lui dire, les yeux dans les yeux que je l'aime . Elle a tant besoin d'être touchée, prise avec douceur, caressée.

C'est comme un petit enfant à qui on priverait d'amour. D'amour à travers les gestes. Et vous savez ce qui arrive aux enfants privés d'amour ?

Laissez-moi la voir, l'entourer, l'écouter, la choyer. Je n'en peux plus de cette situation.


Un enfant élevé sans amour, c'est un enfant triste, peureux, amer, las.

Laissez-moi lui offrir le contraire pour ses derniers temps sur terre. Ces derniers temps sont injustes pour eux, ces êtres courageux que ni une guerre, ni les aventures de la vie n'ont fait flancher.

Parce qu'il y avait de l'amour, la foi en la vie, la foi en l'avenir. Elle ne mérite pas de terminer ce long chemin seule et sans affection, sans bras ni baisers.

Je t'aime si fort que mon cœur risque d'exploser.

Je sais que tu vas partir, un jour... mais pas comme cela.

C'est inimaginable, inconcevable, déchirant, violent. Je veux lui donner encore et encore de l'AMOUR, de la TENDRESSE, des CARESSES. Je veux être près de toi.

Laissez-moi entrer !

Laissez-moi passer !

Laissez-nous les voir, les entourer de tout l'amour que nous pouvons leur donner. Ils ont besoin de nous. Elle a besoin de moi.

Nous prendrons les précautions nécessaires pour protéger les autres, mais ces précautions pour elle, pour eux, s'appellent PRÉSENCE.


Oriane de BUTTET



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  • Oriane Camille de Buttet Sophrologue
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